Votre enfant a des difficultés à l'école. Quelqu'un a prononcé un mot : dyslexie, TDAH, trouble de l'attention. Et maintenant vous êtes devant votre ordinateur, le soir, et vous tapez des choses dans Google sans savoir par où commencer. La plupart des réponses que vous trouvez parlent de la France : MDPH, collège, dossier à monter. Rien de tout cela n'existe ici.
Voici comment ça marche chez nous, dans le canton de Vaud. Ce n'est pas compliqué, mais personne ne vous l'explique.
La première porte est gratuite, et vous l'avez déjà
C'est l'enseignant de votre enfant. Je sais que ça peut sembler trop simple, et que beaucoup de parents hésitent, par peur de déranger ou de passer pour ceux qui se plaignent.
Mais l'enseignant voit votre enfant six heures par jour, dans une situation que vous ne voyez jamais. Il sait s'il décroche après vingt minutes ou après cinq, s'il comprend les consignes, s'il est isolé à la récréation. Cette information n'existe nulle part ailleurs, et elle ne vous coûte rien qu'un rendez-vous.
C'est aussi par là que passent les premières adaptations, celles qui ne demandent aucun dossier : plus de temps, moins d'exercices, une place différente dans la classe.
Le PPLS : le service que la plupart des parents ne connaissent pas
PPLS veut dire psychologie, psychomotricité et logopédie en milieu scolaire. C'est le service de l'école publique vaudoise pour les enfants qui rencontrent des difficultés d'apprentissage, de comportement, d'adaptation, ou des difficultés affectives et relationnelles.
Deux choses que beaucoup de parents ignorent, et qui changent tout.
La première : c'est gratuit. Les prestations sont prises en charge par l'État de Vaud.
La seconde : vous pouvez faire la demande vous-même. Vous n'avez pas besoin de l'accord de l'école, ni de passer par la direction. Vous déposez une demande de prestation en ligne sur le site de l'État de Vaud (nouvel onglet), ou vous contactez directement le service PPLS de votre région. La même page vous indique lequel correspond à votre commune.
Ensuite, un thérapeute du service fait une évaluation préliminaire. Elle comprend en général un entretien avec vous et un échange avec l'enseignant. S'il s'agit de logopédie, le responsable régional décide si le suivi se fait dans le service public ou s'il est confié à un logopédiste indépendant conventionné. Dans les deux cas, cela reste pris en charge.
Le secret professionnel s'applique, comme pour n'importe quel psychologue ou logopédiste. Et pour les plus grands : un élève peut contacter le service lui-même, sans que ses parents en soient informés, pour les premiers entretiens.
Le pédiatre, pour la question du diagnostic
Si la question d'un diagnostic se pose, qu'il s'agisse d'un TDAH, d'un trouble dys ou d'autre chose, elle passe par le médical, et le pédiatre est la porte d'entrée habituelle. C'est lui qui oriente vers les bilans nécessaires et vers les spécialistes.
Je le dis franchement : ce n'est pas mon domaine. Je suis enseignante spécialisée, pas médecin, et je ne pose pas de diagnostic. Mais je peux vous dire une chose utile sur le calendrier. N'attendez pas le diagnostic pour agir à l'école. Les adaptations en classe ne dépendent pas d'un papier : elles dépendent de ce que votre enfant n'arrive pas à faire, et ça, ça se constate tout de suite.
Ce que l'école peut mettre en place
Il existe deux niveaux, et la différence compte.
Les mesures ordinaires sont décidées par la direction de l'établissement. C'est le niveau courant, celui qui couvre la grande majorité des situations, et il ne demande pas de procédure lourde.
Les mesures renforcées relèvent de la Direction générale de l'enseignement obligatoire. Elles concernent les élèves dont le trouble entrave durablement les apprentissages de façon importante. L'octroi passe par une procédure d'évaluation standardisée : des critères, un réseau de professionnels qui se réunit, et vous êtes consultés, vous et votre enfant. Le détail est expliqué sur la page de l'enseignement spécialisé de l'État de Vaud (nouvel onglet).
Si vous entendez parler de « mesure renforcée » pour votre enfant, ce n'est pas une mauvaise nouvelle. C'est la reconnaissance qu'il a besoin de davantage, et l'ouverture de moyens qui n'existaient pas avant.
Les associations, pour ne pas rester seul
Les services font leur travail, mais ils ne remplacent pas le fait de parler à quelqu'un qui a vécu la même chose. Deux associations couvrent la Suisse romande.
L'aDsr, Association dyslexie Suisse romande (nouvel onglet) couvre malgré son nom l'ensemble des troubles dys (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, dysphasie) ainsi que le TDAH. Elle a des sections dans tous les cantons romands et met à disposition beaucoup d'information pratique, notamment sur les aménagements scolaires.
ASPEDAH (nouvel onglet) est consacrée au TDAH et propose des groupes de parents, des formations et des conférences. C'est souvent là que les parents trouvent ce que les professionnels ne peuvent pas leur donner : d'autres parents.
Et si vous n'êtes pas dans le canton de Vaud
Le PPLS est une particularité vaudoise, mais chaque canton romand a son équivalent : un service scolaire qui réunit psychologues, logopédistes et psychomotriciens, gratuit, accessible aux familles. Les noms changent, la logique est la même.
Cherchez, sur le site de votre canton, « psychologie scolaire » ou « pédagogie spécialisée ». Et l'aDsr, qui a une section dans chaque canton romand, saura vous dire vers qui vous tourner chez vous.
En attendant, parce qu'il y a des délais
Soyons honnêtes : entre la demande et le premier rendez-vous, il peut s'écouler des semaines, parfois davantage. C'est le moment le plus difficile, celui où l'on a fait la démarche et où rien ne bouge encore.
Ce temps-là n'est pas perdu. Notez ce que vous observez à la maison, avec des dates : combien de temps ont pris les devoirs, ce qui a déclenché la crise, ce qui a marché un soir. Quand le rendez-vous arrivera, vous ne serez pas en train de chercher vos souvenirs. Et cette matière-là est précieuse pour les professionnels, parce qu'ils ne voient votre enfant qu'une heure, dans un bureau.
Continuez aussi à parler à l'enseignant. Les adaptations en classe n'attendent aucune procédure.
Une dernière chose
Aucun de ces services ne fait le travail des autres, et c'est bien pour ça qu'on s'y perd. L'enseignant voit la classe. Le PPLS évalue et accompagne. Le médical pose les diagnostics. Les associations tiennent la main. Personne ne regarde l'ensemble à votre place, et c'est épuisant quand on découvre tout ça en même temps.
Si vous voulez un regard extérieur sur votre situation, pour comprendre ce qui se joue, savoir par quoi commencer ou préparer un rendez-vous qui vous fait peur, je reçois les parents en visio (nouvel onglet). Je ne remplace aucun des services ci-dessus, et je ne vends rien d'autre que du temps pour y voir clair. Vous trouverez ce que je propose aux familles sur cette page.
Et si vous voulez simplement me lire de temps en temps, je partage des situations et des pistes sur Instagram, @enseignaidant (nouvel onglet).